Histoire et tradition Goju-Ryu



Le style Goju Ryu d’Okinawa est issu de plusieurs styles d’auto-défense du sud de la Chine (particulièrement la grue blanche, le tigre, la mante religieuse, et le kempo). L’accent est mis sur des techniques de bras circulaires et puissantes, des techniques de jambes basses, des postures inspirées des comportements de combat de nombreux animaux (grue, chat, tigre, chien), la recherche du corps à corps, les techniques avec mains ouvertes et les saisies, les projections au sol. Les techniques respiratoires sont très imprégnées des recherches sur l’énergie interne (Qi-gong).
La pratique des katas est au centre de l’apprentissage du Goju Ryu.



Le Goju Ryu (le style du dur et du souple) fut créé par deux grands maîtres d’Okinawa qui y consacrèrent leurs vies entières : Kanryo Higaonna (1853-1917). Il fonda le « Naha-Te », l’une des deux grandes branches du karate d’Okinawa), et son disciple Chojun Miyagi (1888-1953); Chojun Miyagi choisit le terme de « goju ryu » en s’inspirant des huits principes du Kempo, décrit dans le Bubishi :



L’esprit humain fait un avec le ciel et la terre.

La circulation de notre sang est semblable aux cycles quotidiens du soleil et de la lune.

L’inspir représente la douceur, tandis que l’expir caractérise la dureté.

Adapte toi aux changements de conditions.

La réaction doit surgir sans pensée consciente.

La distance et la posture dictent l’issue de la rencontre.

Vois ce qui est invisible.

Attends toi à l’imprévu.





Kanryo Higaonna


(1853-1917)




Son père Kanyo Higaonna, né en 1823, était commerçant à Okinawa. En 1867, il fut agressé et tué. Son fils Kanryo, né en 1853 à Nishimura (Okinawa), vécu très mal cet événement. Alors âgé de quatorze ans, il décide de venger son père.

En 1868, il s'exile en Chine afin d'échapper à la guerre et d'étudier La Voie martiale. Il vit à Fooghon dix-sept ans durant dans une petite communauté d'émigrés Okinawaiens. C'est là qu'il étudie le Kempo du style de Fujian, sous l'autorité de Ryu Ryuko Roshi. En contre-partie, il aide son maître dans ses activités commerciales et pour les travaux domestiques.

En étudiant l'art martial dans le but de tuer, Kanryo Higaonna intégre également les valeurs associées à la pratique de La Voie. De retour à Okinawa, il s'affranchit finalement de la haine qu'il nourrissait envers le meurtrier de son père, il commence à développer le Naha-Te tout en enseignant les secrets qu'il rapportait de Chine.

Le terme tô-di (la main chinoise) prononcé à la manière chinoise, deviendra Kara-Te prononcé à la manière d'Okinawa. Plus tard, les autorités de Tokyo changeront un idéogramme, transformant "main chinoise" en "main vide", stratagème grossier visant à effacer la trace de l'origine chinoise du Karaté.




Chojun Miyagi


(1888-1953)



Chojun Miyagi commence le karaté à l'age de onze ans. Il entre dans le dojo de Kanryo Higaonna trois ans plus tard et y resta jusqu'à la mort de ce dernier en 1916. Lors d'un voyage de deux ans en Chine, il étudie le style de la grue blanche et le kata "rokkishu" (qui deviendra le kata "tensho").

Miyagi fait la synthèse de l'enseignement de Kanryo Higaonna et de son voyage en Chine. Il crée ainsi son propre style mais conserve le nom de Naha-Te. Plus tard, il s'inspirera d'un poème du Bubishi pour nommer son style le "Goju-Ryu Karate Kempo". (Le Bubishi est un petit opuscule Chinois, longtemps tenu secret par les anciens maîtres d'Okinawa, traitant de la technique, de l'historique et de la philosophie de La Voie du combat à main nue. L'influence du style de la grue blanche y est déterminante). "Goju-Ryu Karate Kempo" signifie "école du fort et du souple". "Ho Goju Donto" ("tout dans l'Univers respire le dur et le mou") illustre bien l'importance accordée à la respiration dans le style Goju-Ryu.

Miyagi était respecté de tous à Okinawa; on aimait son regard pénétrant, son calme à toute épreuve et son sourire qui cachait une grande modestie. On dit qu'il vécu pour son art, et qu'il n'a jamais blessé personne. A sa mort, le Goju-Ryu se scinda en deux grandes branches: la branche japonaise de son élève et disciple Gogen Yamagushi, et la branche okinawaienne.



Les principes du karate Goju Ryu par Maître Chojun Miyagi :



Il faut savoir que les secrets du Goju Ryu sont dans les katas

Le karate-do Goju Ryu est une démarche personnelle pour être en accord harmonieux avec l’univers

La voie du karate Goju Ryu est la recherche de la vertu.



Le Dojo Kun de maitre Miyagi :



Ne sois pas agressé par les autres
N’agresse pas les autres
Le principe est la paix sans incident





Eiichi Miyazato


(1921-1999)






Eiichi Miyazato fut l'élève direct de Chojun Miyagi. Avec Meitoku Yagi et Seiko Higa, Eiichi Miyazato forme la succession officielle de Miyagi.

C'est en 1935, à l'âge de treize ans qu'il entre dans le dojo de Sensei Miyagi pour ne jamais le quitter.

Après le décès de Miyagi, il fonde le Jundokan (" temple de la voie fidèle ") en 1957 à Naha.

Miyazato fut également un expert en Judo (10ème dan) du Kodokan, et fut président de la fédération de judo d'Okinawa. Il intégra de nombreuses techniques de judo dans son karate. En 1972 il fonda la "Okinawa Goju-Ryu Karatedo Kyokai".

Ses principaux élèves sont Ko Uehara, Koshin Iha, Morio Higaonna et Teruo Chinen.





Teruo Chinen




Teruo Chinen est né le 8 juin 1941 à Kobe au Japon. Peu après, sa famille déménage pour Okinawa. A l'âge de dix ans il commence le karate dans le dojo de Chojun Miyagi, le fondateur du Goju-Ryu. Il y restera de 1950 à 1953; à la mort de Miyagi il poursuit l'étude du karaté avec Eiichi Miyazato jusqu'en 1958, date à laquelle il part pour Tokyo. Il y restera jusqu'en 1969, et travaillera en compagnie de Morio Higaonna à développer le style Goju-Ryu au Japon.

En 1969 il part pour les Etats Unis afin d'enseigner le karaté à l'université de Spokane (Etat de Washington). C'est là qu'il vit depuis, partageant son temps entre le dojo de Spokane et l'organisation qu'il a créé : le "Jundokan International".

Sensei Chinen raconte : "Mon père est tombé pendant la guerre, et ma mère est morte lorsque j'avais cinq ans. Le dojo est alors devenu ma famille. J'ai eu beaucoup de chance d'habiter à quelques maisons de chez Chojun Miyagi".

A mes débuts, il y avait là près de vingt ceintures noires de haut niveau… Comment ne pas progresser dans cet environnement ? Les combats étaient très durs et on nous apprenait à travailler comme des chats pendant des heures: bondir, glisser, saisir... C'était très éprouvant, surtout sous le climat d'Okinawa. Le plus souvent les entraînements avaient lieu en plein air, dans le jardin de Sensei Miyazato, où étaient disposés de nombreux makiwaras afin de se durcir les poings. On travaillait surtout les kihons, les techniques fondamentales et les katas. On répétait Sanshin des centaines de fois par jour, à la fin nous ne pouvions même plus bouger les doigts. Nous nous entraînions tous les jours pendant environ six heures. Des rencontres inter écoles étaient parfois organisées, les combattants pratiquaient alors un karate-contact très dur, aucun point n'était attribué, seul le KO shudan comptait".

L'entraînement de Teruo Chinen est riche d'une multitude d'exercices différents et très éducatifs; il fait preuve d'une pédagogie claire et remarquablement adaptée aux occidentaux.

Sa gentillesse est légendaire, de même que son sens de l'observation qui lui vaut le surnom de "l'œil du tigre". "Il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer, c'est la chose importante. Chaque fois que je visite un de mes dojos, j'ai le sentiment d'être dans ma famille, on pratique ensemble, on parle, on mange et on plaisante. Je suis un homme heureux parce que je suis simple".



 

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